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République Démocratique du Congo – le directeur d’une radio libéré par ses ravisseurs

Rédigé le 07/09/2018
RENAUD KOBIA


Emmanuel Tusenge Sebazungu le directeur de Umudiho FM ©zoom-eco.net

 


 

Enlevé le dimanche 26 août 2018, Emmanuel Tusenge Sebazungu, directeur d’une chaîne de radio dans le Nord-Kivu à l’est de la RDC, a été libéré après le paiement d’une rancon.

 


 

D’après des témoignages recueillis par Journalistes En Danger (JED) l’ONG de protection des journalistes, le directeur de Umudiho FM, la station de radio de la ville de Rutshuru a été enlevé par des hommes armés non identifiés alors qu’il rentrait d’un reportage.  Après l’avoir conduit vers une destination inconnue, les ravisseurs du journaliste ont appelé le personnel d’Umudiho FM non seulement pour revendiquer le kidnapping, mais aussi et surtout pour demander une rançon afin que l’otage soit libéré.  
Très préoccupée par cette situation, l’ONG JED avait alors produit une déclaration dans laquelle, elle demandait instamment aux autorités politiques et militaires de la province du Nord-Kivu de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération du journaliste et mettre ses ravisseurs hors d’état de nuire.
Devant l’inaction des autorités locales, Emmanuel Tusenge a finalement été libéré le vendredi 31 Août 2018 au soir, après paiement de la rançon exigée (dont le montant n’a pas été dévoilé) par sa famille.
Le journaliste est actuellement dans un centre hospitalier de Rutshuru afin de traiter les séquelles des violentes tortures qu'il a subies pendant sa captivité.                             
A noter que l’est de la RDC est déchiré depuis plus de 20 ans par des conflits armés entre divers groupes armés et des milices locales. Ces conflits sont parfois alimentés par des différends fonciers et la concurrence pour le contrôle des ressources minières. Les enlèvements avec demande de rançon y sont monnaie courante et c’est dans cet environnement hostile que travaillent les médias et les ONG. 
A titre d’exemple, en décembre 2017, le domicile du secrétaire général de JED Tshivis Tshivuadi avait été la cible d’une attaque d’hommes armés se réclamant de l’Agence nationale des renseignements (ANR).