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Ouganda- Des journalistes de plus de 10 chaînes de radio et télévision sanctionnés par les autorités

Rédigé le 08/05/2019
RENAUD KOBIA


Bobi Wine Le député d’opposition ougandais dont l’arrestation est à l’origine de la sanction des journalistes. @afrique.lalibre.be

 

Sur injonction des autorités ougandaises, 13 médias locaux ont été récemment contraints de suspendre certains de leurs journalistes. Il leur est reproché de ne pas avoir respecté les normes minimales de diffusion suite à une manifestation des partisans de l’opposant Bobi Wine.


 

C’est par la voix de la Commission ougandaise des communications (UCC), l’organe de régulation des médias dans le pays que les autorités de Kampala, ont ordonné la semaine dernière à huit stations de radio et six chaînes de télévision, de suspendre certains de leurs agents aux nombres desquels on retrouve des producteurs, des responsables de l’information et des responsables des programmes.

Le régulateur leur reproche la façon dont ils ont couvert l’arrestation de l’opposant Bobi Wine et une manifestation de ses partisans. Il accuse les organes de presse concernés, d’avoir « déformer l’information » et inciter à la violence en diffusant des « messages extrémistes ou anarchiques». 

Au total, ce sont 39 professionnels de l’information officiant dans des médias locaux à grande audience tels que CBS FM, Capital FM, NBS TV, Bukedde TV ou encore NTV pour ne citer que ceux la qui sont concernés par cette mesure.

Dans un communiqué publié le 02 Mai 2019, Reporters Sans Frontières (RSF) dénonce une tentative grossière d’empêcher la couverture des activités de l’opposition.

Pour Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF, “Ces suspensions, prononcées à la hâte, constituent une attaque grossière contre l’indépendance des médias et la liberté d’informer sur un sujet d’intérêt public”. Toujours selon le responsable Afrique de RSF, “ Ces suspensions vont contribuer à créer un climat de peur parmi les rédactions qui oseront encore couvrir l’actualité de l’opposition. Cette politique d’intimidation des médias et des journalistes ne peut que contribuer à accentuer les tensions politiques actuelles en Ouganda “.

Depuis 2015, l’Ouganda a perdu 28 places au Classement mondial de la liberté de la presse établi chaque année par RSF. Le pays occupe désormais la 125e position.

A noter que le chanteur et député d’opposition Robert Kyagulany plus connu sous son nom d’artiste Bobi Wine, qui avait été inculpé le 29 avril avec quatre membres de son entourage dont son frère, a été libéré sous caution, trois jours après avoir son arrestation.