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Gabon – Plus rien ne va à Africa n° 1

Rédigé le 27/11/2018
RENAUD KOBIA


Les installations d’Africa N°1, à Moyabi dans le sud-est du pays envahies de hautes herbes signe du malaise profond que vit le Tam-tam de l’Afrique depuis des années. ©D.R.         

 


 

Naguère radio de référence, Africa N°1 qui a été créée au début des années 80 par feu Omar Bongo n’est plus que l’ombre d’elle-même.                                                                                                                            L’illustration la plus parfaite  de cette situation est la précarité dans laquelle se trouvent actuellement les agents de la chaine. Privés de salaire depuis 15 mois, ceux-ci disparaissent les uns après les autres. Dernier en date de cette liste macabre, Lionel Gaston Ndombi Mbadinga.


 

Cette situation difficile que traverse le personnel du tam-tam d’Afrique il faut le savoir, remonte aux années 2000.                                                                                                                                  Première chaîne de radio panafricaine créée le 7 février 1981 par feu Omar Bongo, ex président gabonais, Africa N°1 est ensuite financé par des fonds gabonais et français.

Début 2000, la partie française se retire et créer Africa N°1 France. En 2007, Mouamar Kadhafi, l’ex guide de la Jamahiriya libyenne intervient  pour sauver l’antenne de Libreville en prenant une participation dans le capital de la radio. Après sa disparition en (préciser l’année…), les autorités gabonaises ont repris la main et depuis, c’est la descente aux enfers.

Autrefois envié de la profession, la soixantaine d’agents de la radio panafricaine qui vit aujourd’hui dans le dénuement le plus total, ne sait plus à quel saint se vouer.

À l’instar de Lionel Gaston Ndombi Mbadinga (49 ans), technicien d’exploitation sur les antennes de la radio panafricaine Africa n°1, décédé récemment des suites d’une longue maladie, plusieurs autres cas d’agents sont inquiétants. Faute de moyens, certains ont même élus domicile au sein de la station.                                               

Le 19 novembre dernier, ils ont mis en place un comité ad-hoc, élargi à la direction générale, afin d’engager une énième action auprès des autorités gabonaises afin qu’elles prennent conscience de la gravité de la situation que traverse Africa N°1 qui a fait jadis, la fierté de ce pays partout dans le monde.

En attendant la réaction des pouvoirs publics gabonais et pour ne rien arranger à la situation, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), a retirer à la radio panafricaine sa fréquence.